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Épreuve anticipée de maths en première : format, sujets zéro et préparation

Tous les élèves de première générale et technologique passent en juin une épreuve de maths de deux heures, sans calculatrice, sur le programme de maths qu'ils ont suivi dans l'année. Six points d'automatismes, quatorze points d'exercices, un coefficient 2 au bac, et une note qui part dans Parcoursup. Le niveau des sujets n'a rien d'effrayant. Ce qui fait chuter les élèves, c'est le calcul à la main sous la montre, et cela se travaille dès l'automne, pas en mai.

Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012

Barème de l'épreuve anticipée de maths : 6 points d'automatismes, 14 points d'exercices Épreuve anticipée de maths : le barème 2 heures, sans calculatrice, coefficient 2 · résultat versé au dossier Parcoursup Automatismes 6 points · questions courtes Exercices 14 points · deux ou trois exercices indépendants 0 5 10 15 20 À partir de juin 2027 : 2 points sur 20 pour la maîtrise de la langue, et un oral de contrôle au second groupe.
Le barème de l'épreuve anticipée de maths. Sources : ministère de l'Éducation nationale ; note de service du 11 septembre 2026.

Depuis juin 2026, la fin de première compte deux épreuves anticipées au lieu d'une : le français, comme avant, et les mathématiques. La première question des familles porte presque toujours sur le programme, la seconde sur le poids de la note. Les réponses tiennent dans les textes officiels et dans les sujets zéro publiés par le ministère, que j'ai lus de près. Le reste de cet article dit comment je fais travailler un élève pour qu'il y prenne ses points.

Le format, ligne par ligne

ÉlémentCe que disent les textes
Qui la passeTous les élèves de première générale et technologique, avec ou sans spécialité maths
Durée2 heures, en juin
CalculatriceInterdite pendant toute l'épreuve
Première partieAutomatismes, 6 points : questions à réponses courtes (QCM dans les sujets zéro)
Deuxième partieDeux ou trois exercices indépendants, 14 points
LangueÀ partir de l'épreuve de juin 2027, 2 points sur 20 pour l'orthographe, la syntaxe et la formulation du raisonnement
RattrapageÀ partir de juin 2027, un oral de contrôle : 20 minutes de préparation, 20 minutes d'entretien, au moins deux exercices
PoidsCoefficient 2 au bac ; résultat communiqué en juillet et versé au dossier Parcoursup

Ministère de l'Éducation nationale, page « Épreuve anticipée de mathématiques en classe de première », mise à jour le 7 août 2026 ; note de service du 11 septembre 2026, Bulletin officiel spécial n° 4 du 17 septembre 2026, applicable aux élèves de première de 2026-2027 (bac 2028).

Les deux lignes datées de 2027 sont passées presque inaperçues. Elles viennent pourtant d'une note de service parue en septembre 2026, qui remplace celle de 2025. La note de langue ne concerne pas seulement les fautes d'orthographe : la grille annexée au texte évalue aussi le lexique, notamment celui de la discipline, et l'organisation de la réflexion. Un élève qui aligne des calculs justes sans un mot pour dire ce qu'il fait laisse une partie de ces deux points sur la table.

Trois sujets, selon les maths suivies dans l'année

Il n'y a pas une épreuve mais trois sujets différents. L'élève compose sur le programme qu'il a réellement suivi.

En voie générale, celui qui a pris la spécialité maths est interrogé sur le programme de spécialité de première : second degré, suites, dérivation, exponentielle, produit scalaire, probabilités conditionnelles. Celui qui ne l'a pas prise compose sur les maths intégrées à l'enseignement scientifique, l'heure et demie hebdomadaire que suivent tous les élèves sans spécialité depuis 2023. En voie technologique, le sujet porte sur l'enseignement commun de maths de première.

Un détail compte pour les élèves qui entrent en première à la rentrée 2026. Les programmes de spécialité et de maths de l'enseignement scientifique ont été réécrits et s'appliquent dès cette année-là. Les sujets zéro restent un excellent entraînement, mais ils ont été conçus sur les anciens programmes : je vérifie chapitre par chapitre avant de donner un exercice à un élève.

Le sujet de spécialité est plus long et plus technique, ce qui n'en fait pas le plus difficile à réussir. Les élèves sans spécialité ont souvent laissé les maths au second plan pendant l'année ; c'est chez eux que je vois les copies les plus démunies devant un pourcentage d'évolution.

Ce que montrent les sujets zéro

Le ministère a publié sept sujets zéro : deux pour la spécialité, trois pour l'enseignement scientifique, deux pour la voie technologique. Ils valent mieux que toutes les descriptions.

Le premier sujet de spécialité ouvre sur douze questions à choix multiples, sans justification demandée, pour six points : un demi-point par question. On y demande l'inverse du double de 5. Ce que signifie un prix multiplié par 0,975. Ce que devient un prix qui augmente de 10 % puis baisse de 10 %. Les solutions de x² ≥ 10. L'équation d'une droite lue sur un graphique. Rien qui dépasse la seconde, et pourtant chacune de ces questions a son piège classique : 1/10 contre 2/5, une baisse de 2,5 % contre une baisse de 25 %, le prix qui revient au départ alors qu'il finit plus bas, l'oubli de x ≤ −√10.

Les exercices ressemblent à ceux d'un bon devoir surveillé de première. Le premier mêle produit scalaire et géométrie repérée dans un carré de côté 4, jusqu'à l'équation d'un cercle. Le second part de g(x) = x² − 5x + 4, demande son signe, fait apparaître une suite arithmétique dans les pentes de cordes de la parabole, puis étudie f(x) = x − 5 + 4/x par sa dérivée et finit par un schéma de la courbe. Les énoncés donnent même des aides au calcul, comme 1,5² = 2,25, précisément parce qu'il n'y a pas de calculatrice.

Le sujet de l'enseignement scientifique, lui, raconte un étang qui se couvre de nénuphars, d'abord de 40 m² par semaine, puis de 20 % par semaine. C'est la différence entre croissance linéaire et croissance exponentielle, posée de façon concrète, avec des puissances de 1,2 fournies dans un tableau.

Les automatismes, six points qui se perdent vite

Les textes rangent les automatismes en six domaines : calcul numérique et algébrique, proportions et pourcentages, évolutions et variations, fonctions et représentations, statistiques, probabilités. Ce sont des savoir-faire de collège et de seconde, censés être sûrs en première.

Ils ne le sont pas toujours. Sur les copies, les erreurs qui reviennent sur cette partie sont toujours les mêmes. Le coefficient multiplicateur d'une hausse de 3 % écrit 1,3 au lieu de 1,03. Deux évolutions successives additionnées au lieu d'être multipliées. Une fraction de fractions retournée du mauvais côté. Un carré développé en oubliant le double produit, (x − 3)² devenant x² − 9. Un signe perdu en lisant une courbe, quand on demande où f(x) est négatif et que l'élève répond où f est décroissante.

Un demi-point par question, c'est peu. Quatre erreurs de cette nature coûtent deux points sur vingt avant même d'ouvrir les exercices. Et un élève qui hésite sur chaque question y passe quarante minutes au lieu de vingt, ce qui lui manque ensuite pour finir le dernier exercice.

Sans calculatrice, un autre rapport au calcul

La plupart des élèves de première ont fait leurs devoirs avec une calculatrice posée à côté de la copie depuis la seconde. Le jour de l'épreuve, la vérification à la machine disparaît, et la confiance avec elle.

La parade est simple et demande de la régularité. Calculer à la main pendant toute l'année, y compris en devoir maison, et apprendre à vérifier autrement : remplacer x par une valeur simple dans une factorisation, estimer un ordre de grandeur avant de poser le calcul, relire un pourcentage en se demandant si le résultat est plausible.

La préparation, d'octobre à juin

  1. Octobre et novembre : un diagnostic des automatismes en temps limité, puis dix minutes de calcul à la main plusieurs fois par semaine. Les chapitres du moment se travaillent sans calculatrice dès le départ.
  2. De décembre à février : les chapitres lourds de première arrivent (dérivation, suites, produit scalaire pour la spécialité). C'est là que je prends de l'avance sur la classe, pour que l'élève les ait déjà compris quand ils tombent en devoir surveillé.
  3. Mars : premier sujet zéro complet en deux heures, corrigé ligne par ligne. On regarde le temps passé sur la première partie et les points perdus en rédaction.
  4. Avril et mai : un sujet complet toutes les deux ou trois semaines, en alternant les sujets zéro de son parcours et des exercices de devoirs surveillés du même niveau, en vérifiant qu'ils restent dans le programme en vigueur.
  5. Les deux dernières semaines : plus de nouveauté. Automatismes chaque jour, reprise des erreurs relevées depuis mars, et une dernière épreuve blanche à l'heure réelle de l'examen.

Cette préparation se mène en même temps que le programme de l'année. Un élève dont les difficultés sont plus anciennes, ou dont la moyenne décroche déjà en novembre, doit d'abord traiter ce problème-là : je l'explique dans l'article sur la manière de remonter sa moyenne en maths.

Ce que pèse la note

Au bac, peu. Un coefficient 2 sur un total d'au moins cent, c'est environ 2 % de la note finale. Personne ne rate son bac à cause de cette épreuve.

Dans Parcoursup, c'est une autre histoire. Le ministère la présente comme une évaluation nationale en mathématiques : le même sujet, corrigé selon le même barème, pour des élèves de lycées qui ne notent pas du tout de la même façon. Une commission qui hésite entre un 15 de bulletin dans un lycée exigeant et un 15 dans un lycée généreux dispose désormais d'un repère commun. Pour une formation scientifique, économique ou une école de commerce post-bac, je considère cette note comme une pièce du dossier à part entière.

Elle tombe aussi au moment où l'élève vient de décider s'il garde la spécialité en terminale. Une note faible à l'épreuve ne doit pas, à elle seule, remettre ce choix en cause ; les repères pour le faire sont dans l'article sur la moyenne qu'il faut pour la spécialité. Et si c'est l'année de première elle-même qui pose problème, bien avant juin, lisez plutôt pourquoi la spécialité maths de première est difficile.

Comment je prépare un élève à l'épreuve

Le travail tient en peu de principes. S'entraîner sans calculatrice, puisque la partie automatismes l'interdit. Reprendre les automatismes un peu à chaque séance, plutôt qu'en bloc la dernière semaine. Les chapitres de première pris avant la classe, pour que l'élève arrive aux devoirs surveillés en terrain connu. Et une rédaction complète sur les exercices, phrase de conclusion comprise, puisque la langue compte désormais dans la note. Entre deux séances, l'élève peut m'envoyer l'exercice qui le bloque ; c'est souvent la veille d'un devoir que la question se pose.

Greg Mittelette

Greg Mittelette

Pour l'épreuve anticipée, je pars des copies pour repérer les automatismes qui lâchent. Je prends en parallèle les chapitres de première avant la classe, et l'élève peut m'appeler entre deux séances.

★★★★★ 5/5 sur 411 avis Superprof

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