Accueil › Blog › Maths · Première

Équation cartésienne d'une droite : du vecteur normal au projeté orthogonal

Toute droite du plan a une équation de la forme ax + by + c = 0, avec a et b non tous deux nuls : c'est une équation cartésienne. En repère orthonormé, le vecteur n⃗(a ; b) est normal à la droite et u⃗(−b ; a) la dirige. Pour la droite passant par A(xA ; yA) et de vecteur normal n⃗(a ; b), on écrit a(x − xA) + b(y − yA) = 0.

Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012

d : 3x + 4y − 2 = 0, vecteur normal n(3 ; 4) d : 3x + 4y − 2 = 0, vecteur normal n⃗(3 ; 4) A(2 ; −1) ∈ d ; u⃗(−4 ; 3) dirige d ; H(0,56 ; 0,08) est le projeté orthogonal de M(5 ; 6), MH = 7,4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5 6 7 8 −2 −1 1 2 3 4 5 6 7 0 n⃗(3 ; 4) AM→​ · n⃗ = 0 ⇔ 3(x − 2) + 4(y + 1) = 0 ⇔ 3x + 4y − 2 = 0 u⃗(−4 ; 3) A M H 3x + 4y − 2 = 0
La droite d'équation 3x + 4y − 2 = 0 passe par A(2 ; −1) ; le vecteur n⃗(3 ; 4), perpendiculaire à la droite, en est un vecteur normal, u⃗(−4 ; 3) un vecteur directeur, et H est le projeté orthogonal de M(5 ; 6).

En seconde (programme applicable à la rentrée 2026), on obtient cette équation avec un vecteur directeur et le déterminant. En première, partie « Géométrie repérée », le repère est orthonormé et on la relit avec un vecteur normal : « Le vecteur de coordonnées (a, b) est normal à la droite d'équation ax + by + c = 0. » Le programme demande l'équation connaissant un point et un vecteur normal, puis le projeté orthogonal d'un point sur une droite : c'est une application du produit scalaire en première.

Ce que disent a, b et c

Une droite a une infinité d'équations cartésiennes : 3x + 4y − 2 = 0 et 6x + 8y − 4 = 0 décrivent la même. On dit donc « une » équation, jamais « l'équation ». On vérifie que u⃗(−b ; a) dirige la droite par n⃗ · u⃗ = a × (−b) + b × a = 0. Le réel c place la droite : il change quand on la translate, sans toucher à sa direction. La droite verticale x = −c/a, qui n'a pas d'équation réduite y = mx + p, est la raison d'être de l'équation cartésienne : elle traite tous les cas d'un seul coup.

Pourquoi n⃗(a ; b) est normal : la démonstration

Soit d la droite passant par A(xA ; yA) et de vecteur normal n⃗(a ; b) non nul. Un point M(x ; y) appartient à d si et seulement si AM→ est orthogonal à n⃗, c'est-à-dire AM→ · n⃗ = 0. Le repère étant orthonormé, ce produit scalaire se calcule avec les coordonnées : AM→(x − xA ; y − yA), donc

M ∈ d ⇔ a(x − xA) + b(y − yA) = 0 ⇔ ax + by + c = 0, avec c = −axA − byA.

Pour la réciproque, on part de ax + by + c = 0 avec (a ; b) ≠ (0 ; 0). Si b ≠ 0, le point A(0 ; −c/b) vérifie l'équation ; si b = 0, alors a ≠ 0 et A(−c/a ; 0) convient. Dans les deux cas c = −axA − byA, et l'équation se réécrit a(x − xA) + b(y − yA) = 0, c'est-à-dire AM→ · n⃗ = 0 : c'est la droite passant par A et de vecteur normal n⃗.

Cette démonstration contient toute la méthode : une copie qui écrit AM→ · n⃗ = 0 et développe ne peut presque pas se tromper, ce qui vaut mieux que la formule de c apprise par cœur.

Trois points de départ en devoir surveillé

Une fois l'équation écrite, on y remplace les coordonnées des points donnés : le contrôle rattrape presque toutes les erreurs de signe.

Exemple 1 · Un point et un vecteur normal

Énoncé. Dans un repère orthonormé, déterminer une équation cartésienne de la droite d passant par A(2 ; −1) et de vecteur normal n⃗(3 ; 4).

Rédaction. Soit M(x ; y). M ∈ d ⇔ AM→ · n⃗ = 0. Or AM→(x − 2 ; y + 1), donc M ∈ d ⇔ 3(x − 2) + 4(y + 1) = 0 ⇔ 3x + 4y − 2 = 0. Une équation cartésienne de d est 3x + 4y − 2 = 0. Contrôle : 3 × 2 + 4 × (−1) − 2 = 0, donc A est bien sur d.

Exemple 2 · Le projeté orthogonal d'un point sur une droite

Énoncé. On reprend d : 3x + 4y − 2 = 0. Déterminer les coordonnées du projeté orthogonal H du point M(5 ; 6) sur d, puis la distance MH.

Rédaction. H est le point de d tel que MH→ soit orthogonal à d, donc colinéaire au vecteur normal n⃗(3 ; 4). Il existe un réel t tel que MH→ = t n⃗, c'est-à-dire H(5 + 3t ; 6 + 4t). H appartient à d : 3(5 + 3t) + 4(6 + 4t) − 2 = 0, soit 25t + 37 = 0, d'où t = −37/25. Donc H(5 − 111/25 ; 6 − 148/25) = (14/25 ; 2/25), soit H(0,56 ; 0,08). Enfin MH = |t| × ‖n⃗‖ = (37/25) × 5 = 37/5 = 7,4.

Chercher H comme intersection de d avec la perpendiculaire passant par M est aussi accepté ; le paramètre t est plus court et donne la distance au passage. Le calcul vectoriel équivalent est dans le produit scalaire en coordonnées.

Les erreurs sur l'équation cartésienne d'une droite qui coûtent des points

Trois exercices corrigés sur l'équation cartésienne d'une droite

Exercice 1 · Équation, vecteur directeur, équation réduite

Énoncé. Dans un repère orthonormé, d passe par A(−1 ; 3) et admet n⃗(2 ; −5) pour vecteur normal. Déterminer une équation cartésienne de d, un vecteur directeur, l'équation réduite, puis le point de d d'abscisse 4.

Correction. M(x ; y) ∈ d ⇔ AM→ · n⃗ = 0 ⇔ 2(x + 1) − 5(y − 3) = 0 ⇔ 2x − 5y + 17 = 0. Contrôle : 2 × (−1) − 5 × 3 + 17 = 0. Un vecteur directeur est u⃗(5 ; 2), puisque n⃗ · u⃗ = 10 − 10 = 0. Le coefficient de y n'étant pas nul, 5y = 2x + 17, soit y = (2/5)x + 17/5. Pour x = 4 : y = (8 + 17)/5 = 5. Le point cherché est (4 ; 5).

Exercice 2 · Les hauteurs d'un triangle et l'orthocentre

Énoncé. Dans un repère orthonormé, A(1 ; 1), B(5 ; 3) et C(2 ; 6). Déterminer une équation de la hauteur issue de C, puis de la hauteur issue de A, et en déduire les coordonnées de l'orthocentre H du triangle ABC. Vérifier que H est sur la troisième hauteur.

Correction. La hauteur issue de C passe par C et est perpendiculaire à (AB) : AB→(4 ; 2) en est un vecteur normal. Son équation : 4(x − 2) + 2(y − 6) = 0, soit 4x + 2y − 20 = 0, ou encore 2x + y − 10 = 0. La hauteur issue de A a pour vecteur normal BC→(−3 ; 3) : −3(x − 1) + 3(y − 1) = 0, soit −x + y = 0, c'est-à-dire y = x. L'orthocentre vérifie les deux équations : 2x + x − 10 = 0, donc x = 10/3 et y = 10/3. H(10/3 ; 10/3). Vérification : BH→(−5/3 ; 1/3) et AC→(1 ; 5), d'où BH→ · AC→ = −5/3 + 5/3 = 0. H est bien sur la hauteur issue de B, ce qui illustre la concourance des trois hauteurs.

Exercice 3 · Projeté, distance et symétrique d'un point

Énoncé. Dans un repère orthonormé, d : x − 2y + 1 = 0 et P(−2 ; 7). Déterminer le projeté orthogonal H de P sur d, la distance de P à d, puis les coordonnées du symétrique P′ de P par rapport à d.

Correction. n⃗(1 ; −2) est normal à d. H vérifie PH→ = t n⃗, donc H(−2 + t ; 7 − 2t), et H ∈ d : (−2 + t) − 2(7 − 2t) + 1 = 0, soit 5t − 15 = 0 et t = 3. Donc H(1 ; 1) ; contrôle : 1 − 2 + 1 = 0. La distance de P à d est PH = |t| × ‖n⃗‖ = 3√5 ≈ 6,71. Le symétrique P′ vérifie que H est le milieu de [PP′] : xP′ = 2 × 1 − (−2) = 4 et yP′ = 2 × 1 − 7 = −5, d'où P′(4 ; −5).

Ce que montre la figure de l'équation cartésienne d'une droite

La figure se construit dans l'ordre de la démonstration : le point A(2 ; −1), puis le vecteur normal n⃗(3 ; 4) en or, puis le calcul AM→ · n⃗ = 0 qui donne l'équation, puis la droite d : 3x + 4y − 2 = 0, puis le vecteur directeur u⃗(−4 ; 3) en bleu, posé sur la droite, et enfin M(5 ; 6) et son projeté H. n⃗ coupe la droite à angle droit ; on passe de n⃗ à u⃗ en échangeant les coordonnées et en changeant un signe. Le segment en pointillés de M à H suit exactement la direction de n⃗, et l'angle droit marqué en H explique l'écriture MH→ = t n⃗ de l'exemple 2.

Le même outil sert pour l'équation d'un cercle : la tangente en un point T d'un cercle de centre Ω est la droite passant par T et de vecteur normal ΩT→.

Greg Mittelette

Greg Mittelette

Je prends la géométrie repérée avant la classe, et chaque équation de droite se rédige à partir du produit scalaire, comme dans les meilleurs lycées. Une question entre deux séances se règle par un appel.

★★★★★ 5/5 sur 411 avis Superprof

Premier échange offert, 20 minutes

À lire aussi