Comment avoir 20 en maths : les quatre points qui séparent 16 de 20
Un élève à 16 en maths comprend son cours. Les quatre points qui lui manquent se perdent rarement sur une notion inconnue : ils partent en demi-points, sur un signe, une justification sautée, une question finale abandonnée faute de temps. Avoir 20 demande donc de la fiabilité plus que du talent, et un entraînement qui change selon l'enjeu, le brevet en troisième, les devoirs surveillés en seconde, l'épreuve de spécialité au bac.
Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012
Prenez un devoir surveillé noté sur 20, avec vingt-cinq questions. Un élève qui perd un demi-point sur huit d'entre elles obtient 16. Il n'a rien ignoré du chapitre, il a seulement commis huit petites fautes. C'est le profil le plus courant chez les bons élèves, et c'est une bonne nouvelle : ces fautes-là se repèrent et se corrigent beaucoup plus vite qu'une lacune.
Le revers, c'est qu'il faut les chercher une par une, et qu'un élève à 16 a rarement envie de reprendre sa copie. Il est content de sa note. Ceux qui passent à 19 ou 20 sont ceux qui regardent quand même.
Où partent les quatre derniers points
| Ce qui coûte le demi-point | Sur la copie | Ce qui l'évite |
|---|---|---|
| Une erreur de calcul dans un exercice bien compris | −(x − 3) écrit −x − 3 | Tester une valeur |
| Une justification sautée parce qu'elle semblait évidente | « f′(x) > 0 » sans étude de signe | Écrire pour un lecteur absent |
| Une question qui demandait autre chose que ce qui a été fait | Valeur exacte au lieu d'un arrondi | Relire la consigne à la fin |
| Une conclusion manquante | Calcul juste, pas de phrase | Répondre avec les mots de l'énoncé |
| La dernière question abandonnée | Blanc ou deux lignes | S'entraîner sur ces questions-là |
Les quatre premières lignes sont des questions d'habitude. La dernière demande un vrai travail mathématique, et c'est elle qui fait la différence entre 18 et 20.
Zéro erreur de calcul
Un élève de bon niveau calcule vite, et c'est précisément pour ça qu'il se trompe. Quelques habitudes règlent presque tout.
Une transformation par ligne. Développer, réduire et factoriser dans la même ligne, c'est là que le signe moins disparaît.
Vérifier avec une valeur. Après avoir écrit (2x − 3)² = 4x² − 12x + 9, on remplace x par 1 de chaque côté : (2 − 3)² = 1, et 4 − 12 + 9 = 1. Les deux valeurs coïncident. Cinq secondes, de tête, et une erreur sur le double produit ou sur un signe apparaît presque à coup sûr. Le test ne prouve pas que le calcul est juste, mais quand les deux valeurs diffèrent, il prouve qu'il est faux. Ça marche aussi pour une dérivée, une forme factorisée, une solution d'équation qu'on réinjecte.
Estimer avant de conclure. Une probabilité supérieure à 1, une longueur négative, une hausse de 300 % dans un exercice sur des prix de baguette : l'élève qui se demande si son résultat est plausible rattrape l'erreur avant le correcteur.
Il y a enfin le calcul sans calculatrice, devenu une épreuve à part entière. Au brevet comme en première, une partie « automatismes » se passe sans calculatrice et rapporte 6 points sur 20. Au brevet, aucune justification n'y est demandée : la réponse est juste ou fausse, et rien ne rattrape une fraction mal réduite.
Les dernières questions
Dans un sujet bien construit, la dernière question d'un exercice est faite pour départager. Elle réutilise les résultats précédents, souvent derrière un « en déduire », parfois sans dire lesquels. Elle demande de l'initiative : choisir une méthode, poser une inconnue, combiner deux parties de l'exercice.
Les élèves à 16 la traitent mal pour deux raisons. Ils y arrivent avec cinq minutes, ce qui ne suffit pas pour réfléchir. Et ils ne s'y sont jamais entraînés, parce qu'en révisant, on recommence les exercices par le début et on s'arrête quand ça devient dur.
Il faut faire l'inverse. Prendre des sujets entiers, aller directement à la fin de chaque exercice, en admettant les résultats des questions précédentes, et chercher. Vingt minutes par question s'il le faut, sans corrigé. C'est un entraînement inconfortable, qui produit les progrès les plus rapides que je connaisse chez un bon élève. Il oblige aussi à aller plus vite sur le début des sujets, pour garder du temps à la fin.
Comment avoir 20 en maths en 3ème
Depuis la session 2026, le brevet est attribué sur une moyenne sur 20, dont 60 % viennent des épreuves finales et 40 % du contrôle continu, c'est-à-dire des moyennes de troisième. Avoir 20 en maths au brevet suppose donc deux choses distinctes : une très bonne moyenne de l'année, et une épreuve finale sans faute.
L'épreuve de maths dure deux heures. La première partie, vingt minutes sans calculatrice, porte sur les automatismes, notés sur 6 points : calcul numérique, fractions, pourcentages, géométrie, fonctions, probabilités. C'est la partie où un bon élève perd ses points par précipitation. Je fais faire à mes élèves de troisième une série de dix questions de ce type chaque semaine, chronométrée, à partir des sujets publiés.
La seconde partie, une heure quarante avec calculatrice, est faite d'exercices indépendants. La rédaction y est désormais valorisée au barème : dans le sujet Amérique du Nord de juin 2026, elle comptait pour 2 points. Pour les aller chercher, chaque théorème est cité avec ses conditions, chaque résultat est accompagné de son unité, et chaque question se termine par une phrase. Les annales de l'APMEP, gratuites et corrigées, couvrent des années de sujets.
En seconde, le 20 se joue sur la logique
La seconde n'a pas d'examen en fin d'année, et le 20 se décide dans les devoirs du professeur. C'est l'année où la rédaction cesse d'être un détail. Le programme y introduit la logique dans tous les chapitres, et les professeurs commencent à demander des démonstrations générales là où le collège se contentait de calculs. Un élève qui écrit « 3 + 5 = 8, donc la somme de deux impairs est paire » perd la question entière. J'ai détaillé ces attentes, exemples à l'appui, dans l'article sur comment bien rédiger en maths.
Le calcul littéral est l'autre exigence de seconde. Identités remarquables, factorisation, inéquations : un élève à 20 en seconde les manie sans y penser, et c'est ce qui lui laisse l'attention disponible pour le raisonnement. Ce qu'il construit cette année-là lui servira en première, où le rythme change brutalement.
Comment avoir 20 en maths au bac
Au bac, il y a désormais deux épreuves de maths. En fin de première, l'épreuve anticipée dure deux heures sans calculatrice, avec 6 points d'automatismes et des exercices sur 14 points ; je la détaille dans l'article sur l'épreuve anticipée de maths. Viser 20 y revient surtout à ne laisser aucun point d'automatisme, ce qui se travaille comme au brevet, à un niveau plus élevé.
En terminale, l'épreuve de spécialité dure quatre heures, sur quatre exercices indépendants, calculatrice en mode examen autorisée. Quatre heures, c'est long. Les points de fin de sujet se perdent souvent par fatigue, sur des calculs qu'on aurait réussis à la première heure. L'entraînement consiste à faire des sujets complets en temps réel, au moins quatre ou cinq dans l'année, et à corriger chacun avec le barème. Un élève qui n'a jamais tenu quatre heures sur un sujet de maths découvre la difficulté le jour de l'épreuve.
En tête de chaque sujet, une phrase rappelle que la rédaction et la précision des raisonnements comptent, et que les traces de recherche sont valorisées. Une question non résolue mais bien entamée rapporte des points ; la laisser blanche n'en rapporte aucun.
Faut-il viser 20 ?
Pour un élève qui vise une prépa scientifique, une grande école ou une université sélective à l'étranger, la différence entre 16 et 19 sur un bulletin compte, parce que ces bulletins sont lus de près. Pour les autres, viser 20 reste un bon exercice : il apprend la rigueur, qui sert dans toutes les matières.
Pour un élève à 9 ou 10, ce n'est pas le bon objectif. Il a d'abord une marche à retrouver, et ce travail-là est différent ; j'en parle dans mon enfant est nul en maths. Pour un élève à 12 dans une section internationale ou un lycée bilingue, la première étape est souvent 16, et j'ai décrit sur Carmine comment passer de 12 à 16 en maths dans un lycée international.
Ce que je fais avec un élève qui vise 20
Je relève sur ses trois dernières copies chaque demi-point perdu, et je les classe. En général, deux ou trois causes expliquent presque tout. On les traite par des habitudes précises, puis on passe le plus clair du temps sur des problèmes plus difficiles que ceux de sa classe, tirés des sujets de bac, de concours ou d'olympiades selon son niveau. Un élève qui a travaillé au-dessus du niveau du devoir aborde le devoir avec de la marge, et la marge laisse le temps de vérifier.
Greg Mittelette
Une partie de mes élèves sont déjà en tête de classe et visent plus haut. Je pars des points perdus sur leurs copies et je les fais rédiger au niveau des meilleurs établissements.
★★★★★ 5/5 sur 411 avis Superprof
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