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Discriminant : la formule Δ = b² − 4ac et ce qu'elle décide

Pour une équation ax² + bx + c = 0 avec a ≠ 0, le discriminant est le nombre Δ = b² − 4ac. Si Δ > 0, l'équation a deux solutions réelles, x₁ = (−b − √Δ) / (2a) et x₂ = (−b + √Δ) / (2a). Si Δ = 0, elle en a une seule, x₀ = −b / (2a), appelée racine double. Si Δ < 0, elle n'a aucune solution dans ℝ.

Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012

Le signe de Δ se lit sur la parabole Le signe de Δ se lit sur la parabole Δ > 0 : deux points sur l’axe des abscisses · Δ = 0 : un point de contact · Δ < 0 : aucun point commun −2 −1,5 −1 −0,5 0,5 1 1,5 2 2,5 3 −4 −3 −2 −1 1 2 3 4 5 6 0 x₁ = −1/2 x₂ = 2 x₀ = 2/3 2x² − 3x − 2 (Δ = 25) 9x² − 12x + 4 (Δ = 0) x² + x + 1 (Δ = −3)
Trois paraboles, trois signes de Δ : deux points d'intersection avec l'axe des abscisses, un point de contact, aucun point commun.

Cet article traite de l'équation ; le signe du trinôme a son propre article, et le chapitre entier est sur le second degré en première.

Les trois cas et la factorisation

La factorisation fait partie du résultat : un sujet qui dit « factoriser f(x) » attend a(x − x₁)(x − x₂), avec le coefficient a devant. Écrire (x − x₁)(x − x₂) quand a vaut 2 ou −3, c'est changer de polynôme.

La démonstration au programme : pourquoi Δ décide

Le programme de spécialité de première demande de savoir démontrer la résolution de l'équation du second degré. La preuve repose sur la forme canonique.

Soit a ≠ 0. On développe a(x + b/(2a))² = ax² + bx + b²/(4a). Donc, pour tout réel x :

ax² + bx + c = a(x + b/(2a))² − b²/(4a) + c = a(x + b/(2a))² − (b² − 4ac)/(4a) = a[(x + b/(2a))² − Δ/(4a²)].

Comme a ≠ 0, l'équation ax² + bx + c = 0 équivaut à (x + b/(2a))² = Δ/(4a²). Le membre de droite a le signe de Δ, puisque 4a² > 0. On distingue alors les cas.

Dans le dernier cas, la forme a[(x + b/(2a))² − (√Δ/(2a))²] est une différence de deux carrés, ce qui donne directement la factorisation a(x − x₁)(x − x₂). Le signe de a ne pose aucune difficulté à l'étape « ± » : que 2a soit positif ou négatif, les deux valeurs ±√Δ/(2a) sont les deux mêmes nombres.

Avant de calculer Δ

La formule ne s'applique qu'à une équation écrite ax² + bx + c = 0. J'exige qu'on écrive les trois coefficients sur la copie avant tout calcul.

Certaines équations se résolvent sans Δ, et le programme demande de factoriser « en diversifiant les stratégies » :

Trois équations, trois signes de Δ

Deux racines : 2x² − 3x − 2 = 0

On résout dans ℝ. Ici a = 2, b = −3, c = −2.

Δ = b² − 4ac = (−3)² − 4 × 2 × (−2) = 9 + 16 = 25.

Δ > 0, donc l'équation admet deux solutions réelles : x₁ = (3 − √25) / (2 × 2) = (3 − 5)/4 = −1/2 et x₂ = (3 + 5)/4 = 2.

S = {−1/2 ; 2}, et 2x² − 3x − 2 = 2(x + 1/2)(x − 2) = (2x + 1)(x − 2).

Racine double : 9x² − 12x + 4 = 0

Ici a = 9, b = −12, c = 4. Δ = (−12)² − 4 × 9 × 4 = 144 − 144 = 0.

Δ = 0, donc l'équation admet une unique solution x₀ = −b/(2a) = 12/18 = 2/3. S = {2/3}. L'identité (3x − 2)² donnait le même résultat plus vite.

Aucune racine : x² + x + 1 = 0

Ici a = b = c = 1. Δ = 1 − 4 = −3 < 0, donc l'équation n'admet aucune solution réelle. S = ∅. J'exige « réelle » ou « dans ℝ » : en option maths expertes de terminale, la même équation aura deux solutions complexes.

Les erreurs sur le discriminant qui coûtent des points

Trois exercices corrigés sur le discriminant

Exercice 1 · Résoudre dans ℝ l'équation −x² + 4x + 5 = 0, puis factoriser −x² + 4x + 5.

On a a = −1, b = 4, c = 5. Δ = 4² − 4 × (−1) × 5 = 16 + 20 = 36.

Δ > 0, donc deux solutions : (−4 − 6)/(2 × (−1)) = −10/(−2) = 5 et (−4 + 6)/(−2) = 2/(−2) = −1.

S = {−1 ; 5}. Factorisation : −x² + 4x + 5 = −(x + 1)(x − 5).

Remarque : avec a < 0, la formule « x₁ = (−b − √Δ)/(2a) » donne la plus grande des deux racines. Ce n'est pas gênant pour résoudre, mais il faut ranger les racines dans l'ordre avant de faire un tableau de signes.

Exercice 2 · Résoudre dans ℝ l'équation 2x² + 3 = 5x.

On se ramène à la forme ax² + bx + c = 0 : 2x² + 3 = 5x équivaut à 2x² − 5x + 3 = 0.

a = 2, b = −5, c = 3. Δ = (−5)² − 4 × 2 × 3 = 25 − 24 = 1.

Δ > 0 : x₁ = (5 − 1)/4 = 1 et x₂ = (5 + 1)/4 = 3/2. S = {1 ; 3/2}.

Vérification rapide : 1 est racine évidente, car 2 − 5 + 3 = 0, et le produit des racines vaut c/a = 3/2, donc l'autre racine est 3/2.

Exercice 3 · Pour quelles valeurs du réel m l'équation mx² + 4x + 1 = 0 admet-elle une unique solution réelle ?

Cas m = 0. L'équation devient 4x + 1 = 0, qui a une unique solution, x = −1/4. La valeur m = 0 convient.

Cas m ≠ 0. L'équation est du second degré, avec a = m, b = 4, c = 1. Δ = 16 − 4m. Elle admet une unique solution si et seulement si Δ = 0, soit m = 4. La solution est alors x₀ = −4/(2 × 4) = −1/2. On vérifie : 4 × (1/4) + 4 × (−1/2) + 1 = 1 − 2 + 1 = 0.

Conclusion. L'équation admet une unique solution réelle si et seulement si m = 0 ou m = 4.

Une copie qui ne traite que Δ = 0 trouve m = 4 et perd la moitié des points. Le cas m = 0 est exactement ce que l'exercice teste.

Ce que montre la figure du discriminant

La figure trace l'une après l'autre les trois paraboles des exemples : la bleue, de 2x² − 3x − 2, coupe l'axe des abscisses en −1/2 et 2 (Δ = 25 > 0) ; la dorée, de 9x² − 12x + 4, touche l'axe en 2/3 sans le traverser, son sommet posé dessus (Δ = 0) ; la verte, de x² + x + 1, reste entièrement au-dessus (Δ = −3 < 0). Les solutions de f(x) = 0 sont les abscisses des points où la courbe rencontre l'axe, et le signe de Δ dit combien il y en a. Les trois coefficients a sont positifs, d'où des paraboles tournées vers le haut ; avec a négatif, la même lecture vaut vers le bas.

Greg Mittelette

Greg Mittelette

Je fais démontrer la formule du discriminant avant que la classe l'aborde, puis rédiger chaque résolution au standard des meilleurs lycées. L'objectif du devoir est chiffré dès le départ, et le travail part des copies.

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