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Limites de fonctions en terminale : asymptotes et justification de chaque limite
Une fonction f a pour limite le réel ℓ en +∞ si f(x) devient aussi proche de ℓ qu'on veut dès que x est assez grand ; la droite y = ℓ est alors asymptote horizontale à la courbe. Si f(x) tend vers +∞ ou −∞ quand x tend vers un réel a, la droite x = a est asymptote verticale. En terminale, on calcule ces limites à partir des limites usuelles (puissances, racine carrée, inverse, exponentielle), des opérations et des théorèmes de comparaison.
Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012
Limite finie, limite infinie, asymptotes
Le programme de terminale de 2019 définit ces limites sur le modèle des suites ; il admet les opérations sur les limites et demande surtout de savoir les calculer, les justifier et les relier aux asymptotes.
Limite finie à l'infini. f a pour limite ℓ en +∞ si tout intervalle ouvert contenant ℓ contient toutes les valeurs f(x) dès que x est assez grand. On écrit limx→+∞ f(x) = ℓ. La droite d'équation y = ℓ est asymptote horizontale à la courbe en +∞. Même chose en −∞, avec « x négatif assez grand en valeur absolue ».
Limite infinie à l'infini. f tend vers +∞ en +∞ si, pour tout réel A, f(x) ≥ A dès que x est assez grand. Aucune asymptote parallèle aux axes dans ce cas.
Limite infinie en un réel a. f tend vers +∞ quand x tend vers a si f(x) dépasse n'importe quel réel A dès que x est assez proche de a. Très souvent, le comportement diffère selon le côté : on parle de limite à droite (x → a avec x > a, noté x → a⁺) et de limite à gauche (x → a⁻). Si l'une de ces limites est infinie, la droite x = a est asymptote verticale.
Pourquoi eˣ tend vers +∞, puis vers 0
Le programme demande de le démontrer, en comparant eˣ à x.
Soit g la fonction définie sur ℝ par g(x) = eˣ − x. Elle est dérivable et g′(x) = eˣ − 1. Comme la fonction exponentielle est strictement croissante et e⁰ = 1, g′(x) < 0 sur ]−∞ ; 0[ et g′(x) > 0 sur ]0 ; +∞[. La fonction g admet donc un minimum en 0, qui vaut g(0) = 1. Ainsi, pour tout réel x, eˣ − x ≥ 1 > 0, d'où eˣ > x.
Comme limx→+∞ x = +∞ et eˣ ≥ x pour tout x, le théorème de comparaison donne limx→+∞ eˣ = +∞.
En −∞, on pose X = −x. Quand x tend vers −∞, X tend vers +∞, donc eX tend vers +∞ et eˣ = 1/eX tend vers 0. C'est un premier exemple de limite d'une composée. La comparaison de eˣ avec toutes les puissances fait l'objet de la page sur la croissance comparée.
Étudier f(x) = (2x + 1)/(x − 1) aux bornes, comme en DS
En ±∞. Pour tout x ≠ 1, 2x + 1 = 2(x − 1) + 3, donc f(x) = 2 + 3/(x − 1). Quand x tend vers +∞ ou vers −∞, x − 1 tend vers l'infini, donc 3/(x − 1) tend vers 0 et f(x) tend vers 2. La droite y = 2 est asymptote horizontale en −∞ et en +∞. De plus, f(x) − 2 = 3/(x − 1) est positif pour x > 1 et négatif pour x < 1 : la courbe est au-dessus de l'asymptote à droite, en dessous à gauche.
En 1. Le numérateur tend vers 2 × 1 + 1 = 3. Le dénominateur tend vers 0, et tout se joue sur son signe. Si x > 1, x − 1 > 0 : le dénominateur tend vers 0 par valeurs positives, noté 0⁺, et par quotient limx→1⁺ f(x) = +∞. Si x < 1, x − 1 tend vers 0⁻ et limx→1⁻ f(x) = −∞. La droite x = 1 est asymptote verticale.
Sur une copie, j'attends trois éléments pour chaque limite en un point : la limite du numérateur, la limite du dénominateur avec son signe, puis « par quotient ». Quand le dénominateur se factorise, comme x² − 4 = (x − 2)(x + 2) près de 2, son signe se lit sur un tableau de signes fait au brouillon.
La figure montre ce calcul. L'asymptote horizontale y = 2 (verte) apparaît d'abord, puis l'asymptote verticale x = 1 (rouge), puis la branche de droite se trace, enfin celle de gauche. Loin de l'origine, la courbe se rapproche de y = 2 sans la toucher, au-dessus à droite et en dessous à gauche, comme l'indique le signe de 3/(x − 1). Près de x = 1, elle monte vers +∞ à droite et plonge vers −∞ à gauche. Elle coupe l'axe des abscisses en −1/2 et l'axe des ordonnées en −1, deux points qui permettent de vérifier le tracé.
Quand les opérations ne concluent pas
Un encadrement à l'infini. Soit k(x) = (sin x)/x en +∞. Les opérations ne disent rien, puisque sin x n'a pas de limite en +∞. Mais pour x > 0, −1 ≤ sin x ≤ 1 donne −1/x ≤ (sin x)/x ≤ 1/x. Les deux fonctions extrêmes tendent vers 0 en +∞, donc par encadrement limx→+∞ (sin x)/x = 0, et l'axe des abscisses est asymptote horizontale. Cette courbe coupe pourtant son asymptote une infinité de fois, en chaque réel kπ avec k entier, k ≥ 1.
Quand les opérations donnent une expression du type ∞ − ∞, 0 × ∞, ∞/∞ ou 0/0, elles ne concluent pas : c'est une forme indéterminée, et il faut transformer l'écriture avant de calculer.
Les erreurs sur les limites de fonctions qui coûtent des points
- Écrire « 3/0 = ∞ » : ce n'est pas un calcul et le signe manque. On écrit les limites séparément, avec 0⁺ ou 0⁻, puis « par quotient ».
- Croire qu'une courbe ne traverse jamais son asymptote : vrai pour f ci-dessus, faux pour (sin x)/x.
- Conclure à une asymptote verticale en a parce que a est une valeur interdite : (x² − 1)/(x − 1) n'est pas définie en 1 et tend vers 2 en 1. Il faut une limite infinie.
- Donner une seule limite en un point où le dénominateur change de signe : la limite à gauche et la limite à droite s'étudient séparément.
- Recopier une limite lue sur la calculatrice : l'écran suggère, seul un théorème prouve.
Trois fonctions à étudier aux bornes
Exercice 1 · f(x) = 3 − 2/x² sur ℝ* : limites et asymptotes
En +∞ et en −∞, x² tend vers +∞, donc 2/x² tend vers 0 et f(x) tend vers 3. La droite y = 3 est asymptote horizontale en ±∞ ; comme 2/x² > 0, la courbe est en dessous.
En 0, x² tend vers 0 par valeurs positives, des deux côtés. Donc 2/x² tend vers +∞ et f(x) tend vers −∞, à gauche comme à droite. La droite x = 0, c'est-à-dire l'axe des ordonnées, est asymptote verticale.
Exercice 2 · g(x) = e1/x : limites en 0⁺, en 0⁻ et en ±∞
On compose : X = 1/x, puis eX.
Quand x → 0⁺, X = 1/x → +∞, et limX→+∞ eX = +∞ : donc limx→0⁺ g(x) = +∞. Asymptote verticale x = 0.
Quand x → 0⁻, X → −∞, et limX→−∞ eX = 0 : donc limx→0⁻ g(x) = 0. La courbe arrive à gauche de 0 vers le point (0 ; 0), qui n'est pas sur la courbe.
En +∞ comme en −∞, X → 0 et eX → e⁰ = 1 : la droite y = 1 est asymptote horizontale des deux côtés.
Exercice 3 · k(x) = (2 + cos x)/x sur ]0 ; +∞[ : limites en 0 et en +∞
Pour tout x > 0, 1 ≤ 2 + cos x ≤ 3, et en divisant par x > 0 : 1/x ≤ k(x) ≤ 3/x.
En +∞ : 1/x et 3/x tendent vers 0, donc, par encadrement, limx→+∞ k(x) = 0. Asymptote horizontale y = 0.
En 0 : k(x) ≥ 1/x et limx→0⁺ 1/x = +∞, donc, par comparaison, limx→0⁺ k(x) = +∞. Asymptote verticale x = 0.
Greg Mittelette
Je traite les limites de fonctions avant la classe et j'exige, comme les meilleurs lycées, le signe du dénominateur à chaque limite en un point. L'élève vise une note fixée d'avance au prochain DS d'analyse.
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