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Lycée Hélène-Boucher : un labo de maths dans l'Est parisien, et ce qu'il donne en classe

En maths, Hélène-Boucher, cours de Vincennes, propose plus que l'horaire officiel : un laboratoire de maths référent pour les lycées de l'est de Paris, une préparation au Concours général, une heure de maths en espagnol. Ses résultats au bac restent sous la moyenne parisienne. Un élève qui aime les maths y trouve beaucoup, à condition d'aller le chercher.

Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012

Entrée du lycée Hélène-Boucher, cours de Vincennes, Paris 20e
L'entrée du lycée Hélène-Boucher, 75 cours de Vincennes. Photo LPLT, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons

Le livret 2026 de la cité scolaire annonce plus de 1 850 élèves, du collège aux classes préparatoires. Au lycée, 375 élèves se sont présentés au bac général en 2025, plus qu'à Janson-de-Sailly. Ce que les professeurs de maths publient sur le site du lycée va au-delà des horaires officiels.

Un laboratoire de maths qui travaille pour tout l'Est parisien

Hélène-Boucher est le lycée référent du « labomath75est », le réseau des laboratoires de mathématiques de l'est de la capitale. Il a accueilli le Forum académique des laboratoires et clubs de maths le 27 novembre 2024. Autour du labo gravitent un club Math & magie, un atelier LaTeX (le logiciel avec lequel on écrit les maths à l'université) et une journée « Filles & Maths ».

Les concours suivent. Les élèves passent le Kangourou, la Course aux nombres, les Olympiades de première et le concours Alkindi de cryptographie ; la dernière remise des prix a eu lieu le 3 juin 2026. Le lycée a aussi préparé des élèves au Concours général, dont les sujets de maths sont des problèmes longs, sans rapport avec les exercices de manuel.

Ces activités ne figurent sur aucun bulletin, mais elles habituent un adolescent à rester longtemps sur un problème qu'il ne sait pas résoudre, ce que demande la première année de prépa dès septembre.

Quatre heures en seconde, dont une en demi-groupe

Le livret décrit l'horaire de seconde avec précision : quatre heures de maths par semaine, dont une en demi-groupe, plus une heure d'accompagnement personnalisé une semaine sur deux et une heure d'algorithmique une semaine sur deux. Les élèves travaillent sur calculatrice NumWorks, sur GeoGebra et en Python, et les professeurs de seconde préparent leurs cours en équipe.

Le lycée dit pourquoi : il veut, « face à l'importante hétérogénéité des acquis en sortie des différents collèges de recrutement […] fournir une base commune solide à toutes et tous ». C'est franc, et c'est utile à lire avant la rentrée. Une classe de seconde à Boucher réunit des élèves qui n'ont pas fait les mêmes maths en troisième. L'heure en demi-groupe est pensée pour ceux qui arrivent avec un calcul littéral fragile ; ceux qui ont de l'avance devront aller chercher ailleurs, au labo ou dans les concours, ce que l'horaire commun ne leur donnera pas.

Une heure de maths en espagnol

La section européenne espagnol, ouverte en 2016, a une particularité : sa discipline non linguistique, ce sont les maths. Une heure par semaine en première et en terminale, les élèves font des maths en espagnol. Le livret 2026 annonce aussi des maths en anglais. Ailleurs à Paris, les maths en langue étrangère se font en anglais (Henri-IV, Janson, Chaptal) ou en chinois (Janson, Claude-Monet, Louis-le-Grand) ; l'espagnol n'apparaît qu'ici.

13 % de mentions très bien en 2025 : comment le lire

Sur les quatre dernières sessions, la part de mentions très bien au bac général tourne entre 12 et 16 % à Hélène-Boucher. La moyenne parisienne est autour de 23 %, et la moyenne nationale autour de 14 %. Le lycée est donc dans la moyenne française et sous la moyenne de Paris, qui est très haute.

SessionMentionsMentions TBParis, mentions TBValeur ajoutée des mentions
202289 %15 %24,4 %+7
202379 %12 %23,9 %−1
202482 %16 %23,3 %+2
202577 %13 %23,2 %−2

Voie générale. Part de TB calculée à partir des effectifs publiés (TB avec et sans félicitations, rapportées aux présents). Source : ministère de l'Éducation nationale, indicateurs de valeur ajoutée des lycées, sessions 2022 à 2025.

La valeur ajoutée oscille : +7 en 2022, −2 en 2025. Le lycée obtient, selon les années, un peu plus ou un peu moins de mentions que ce que le profil de ses élèves laissait prévoir. En nombre, cela fait 47 mentions très bien sur 375 candidats en 2025 : un élève qui la vise à Boucher fait partie d'une cinquantaine d'élèves de son année.

La prépa du lycée est une ECG, et ce que ça change pour un lycéen

Hélène-Boucher a quatre classes préparatoires, littéraires et économiques. Aucune n'est scientifique : pas de MPSI, pas de PCSI. La prépa qui touche aux maths est une ECG maths approfondies et histoire-géographie : 7 heures de maths-informatique, 2 heures de TD et 1 heure d'informatique par semaine, avec un module de soutien en maths en première année, des devoirs en temps limité, des khôlles et des concours blancs. Une ancienne élève, dans un témoignage publié par le lycée, décrit « un devoir surveillé chaque vendredi après-midi et un concours blanc par trimestre ».

Sur Parcoursup, cette ECG est devenue plus demandée : 832 vœux en 2024, 1 157 en 2025, pour 48 places, et un taux d'accès tombé de 77 à 52 %. En 2025, aucun des 38 admis ne venait du lycée lui-même. Le lycée publie ses résultats : 57 %, 66 % puis 78 % d'intégrés dans les dix premières écoles de commerce de 2023 à 2025, mais aucun à HEC, l'ESSEC ou l'ESCP sur ces trois années.

Pour un lycéen de Boucher qui aime les maths et l'économie, la présence de cette classe dans les murs est concrète : il voit fonctionner, dans son propre lycée, une prépa où les maths et l'informatique occupent dix heures par semaine.

Viser une MPSI depuis le 20e

Pour une prépa scientifique, il faut postuler ailleurs. Les plus proches sont celles de Charlemagne (4e arrondissement : 96 places en MPSI, 5 603 vœux en 2025) et de Turgot (3e : une PCSI de 48 places). Les chiffres Parcoursup 2025 montrent que, dans plusieurs grands lycées, les élèves de la maison ne font qu'une petite part des admis de leur propre MPSI (4 % à Janson, 7 % à Charlemagne, 8 % à Chaptal). Pour un élève de Boucher, la conséquence est simple : il postule à Charlemagne parmi plus de 5 000 candidats, dans une MPSI où les élèves du lycée lui-même ne sont qu'une minorité.

La PCSI de Turgot mérite d'être connue : en 2025, 9 % seulement de ses admis avaient une mention très bien. J'en déduis qu'elle accueille des élèves solides qui ne sont pas en tête de leur lycée. Pour un élève de Boucher sérieux sans mention très bien en vue, c'est une piste réelle ; je la détaille sur la page du lycée Turgot.

Le labo, l'ECG ou une MPSI ailleurs : à qui je conseille Boucher

À l'élève qui aime les maths pour elles-mêmes et veut plus que l'horaire : le labo, les concours et la préparation au Concours général sont dans le lycée. À l'élève qui hésite entre l'économie et les sciences, qui verra une ECG fonctionner sous ses yeux. Le lycée ne publie pas de rythme de devoirs surveillés en maths : l'élève qui a besoin d'un cadre de ce type doit le savoir avant de choisir.

J'accompagne les élèves parisiens, dans l'est de la ville comme ailleurs. Avec un élève de Boucher qui vise une prépa scientifique, je travaille deux choses que la classe ne peut pas lui donner seule : des exercices au niveau des lycées les plus exigeants, et une rédaction qui tiendra devant un correcteur de Charlemagne ou de Janson. Les autres lycées de la ville sont comparés dans le classement des lycées parisiens pour les maths.

Greg Mittelette

Greg Mittelette

Pour un élève d'Hélène-Boucher, je commence par ses copies du premier trimestre et je fixe avec lui un objectif chiffré pour le bac. Je reste joignable entre deux séances quand un exercice bloque.

★★★★★ 5/5 sur 411 avis Superprof

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