Lycée Victor-Hugo : le petit lycée du Marais qui a doublé ses mentions très bien
Victor-Hugo, rue de Sévigné, est un petit lycée public : 140 candidats au bac général en 2025. En quatre sessions, sa part de mentions très bien est passée de 13 % à 26 %, et de 2020 à 2025 la part de ses terminales qui font des maths est montée de 35 % à 53 %. Ses professeurs de maths ont aussi mis par écrit, sur le site du lycée, ce qu'ils attendent en terminale.
Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012
Le lycée Victor-Hugo partage avec son collège une cité scolaire au 27 rue de Sévigné, dans le 3e. Il ouvre quatre classes de seconde générale et une seconde Esabac (bac franco-italien, avec l'histoire-géographie en italien), puis trois premières et trois terminales générales, plus une filière STMG. À cette taille, une poignée d'élèves fait bouger les pourcentages. Les tendances sur quatre ou cinq ans sont plus fiables qu'une session isolée.
Mentions très bien : de 13 % à 26 % en quatre sessions
En 2022, 13 % des candidats de Victor-Hugo au bac général obtenaient une mention très bien, nettement moins que la moyenne des lycées publics parisiens (près de 20 %). En 2023, 22 %. En 2024, 29 %. En 2025, 26 %, ce qui place le lycée neuvième des lycées publics de Paris, juste derrière Condorcet. La figure en tête de page montre l'écart qui s'est ouvert avec la moyenne publique parisienne, restée autour de 19 %.
Le taux de mentions toutes confondues était déjà élevé (90 % en 2022, 88 % en 2025). Ce qui a changé, c'est le haut de la classe. La valeur ajoutée des mentions reste positive sur les quatre sessions : +7, +5, +5, puis +1 en 2025. Le lycée obtient plus de mentions que ne le laissait prévoir le profil de ses élèves, même si l'écart s'est réduit à la dernière session.
Les maths ont suivi : de 35 % à 53 % des terminales
Le même mouvement se lit dans le choix des spécialités. En 2020, à peine plus d'un élève de terminale sur trois gardait les maths à Victor-Hugo. En 2025, plus d'un sur deux.
| Rentrée | Première : spécialité maths | Terminale : spécialité maths |
|---|---|---|
| 2020 | — | 35 % |
| 2021 | 61 % | 34 % |
| 2022 | 64 % | 41 % |
| 2023 | 71 % | 43 % |
| 2024 | 71 % | 47 % |
| 2025 | 75 % | 53 % |
Part des élèves de première et de terminale générales qui suivent la spécialité maths, en début d'année (environ 140 élèves par niveau). Calcul à partir des effectifs publiés par le ministère de l'Éducation nationale (effectifs par spécialité en première et en terminale générale, data.education.gouv.fr) ; les effectifs inférieurs à 5 sont masqués, d'où une légère sous-estimation possible.
En première, Victor-Hugo est désormais au niveau de Paris (75 % contre 74 %). En terminale, il reste en dessous (53 % contre 57 %), et 32 % des terminales associent maths et physique-chimie. C'est un lycée où les profils littéraires et artistiques gardent leur place : en 2025, 16 élèves de terminale suivent la spécialité théâtre. Un élève qui veut faire des maths y trouve aujourd'hui une classe de spécialité bien remplie, ce qui n'était pas le cas il y a cinq ans.
Ce que les professeurs de maths écrivent aux familles
Le lycée publie sur son site un schéma, « Les mathématiques au lycée Victor Hugo » (décembre 2023), et deux fiches de choix rédigées pour les élèves de première. Parmi les douze lycées publics de la rive droite passés en revue pour cette série, c'est le seul à le faire.
Pour maths expertes, la fiche demande d'abord « du goût pour les mathématiques et un très bon niveau en classe de première ». Elle détaille le programme : nombres complexes, arithmétique avec les théorèmes de Bézout et de Gauss et le petit théorème de Fermat, appliqués à des problèmes de codage à partir des codes INSEE et des RIB, puis graphes et matrices. Elle promet de « progresser en rigueur, en clarté et en qualité de rédaction » et présente l'option comme un atout majeur pour les prépas MPSI, MP2I, PCSI, PTSI et BCPST.
Pour maths complémentaires, l'exigence descend d'un cran : « un assez bon niveau en classe de première ». La fiche rappelle que cette option est obligatoire, à défaut de spécialité maths, pour la prépa ECG en maths appliquées, la prépa D2 ou PASS.
Le schéma contient une précision que je trouve très honnête. Un élève qui n'a pas pris la spécialité maths en première, et n'a donc eu qu'une heure et demie de maths par semaine dans l'enseignement scientifique, peut en droit demander maths complémentaires en terminale. Les professeurs l'écrivent : « passage autorisé de droit, très déconseillé ». J'en tire la même conclusion qu'eux : une année presque sans maths ne se rattrape pas avec 3 heures par semaine en terminale.
Trois terminales générales, du théâtre, pas de prépa
Victor-Hugo n'a pas de classe préparatoire. Il n'a pas non plus de maths enseignées en langue étrangère, et la spécialité NSI (informatique) n'est pas enseignée sur place : elle est mutualisée avec le lycée Simone-Weil. Côté concours, le Kangourou n'est mentionné que pour le collège.
Le lycée garde ses élèves : 91 % de ceux qui entrent en seconde y obtiennent le bac, trois points de plus que l'attendu. Pour un élève qui aime les maths, le site du lycée ne signale ni club ni concours au niveau lycée, et la prépa la plus proche est celle d'un autre établissement. L'émulation passe donc par la classe de spécialité, passée de 50 à 75 élèves de terminale entre 2020 et 2025.
Mon conseil à un élève du Marais
J'accompagne les élèves parisiens, et pour ceux de Victor-Hugo, la fiche de maths expertes donne le cap : un très bon niveau en première et une rédaction propre. Je fais travailler cette rédaction dès la première, sur les suites et les fonctions, puis j'introduis l'arithmétique de maths expertes avant la rentrée de terminale, en commençant par le théorème de Bézout. Pour peser les deux options, j'ai écrit un article sur maths expertes ou maths complémentaires.
Si vous comparez avec les lycées voisins, Charlemagne est à quelques rues, dans le 4e, avec une prépa dans ses murs, et Turgot est lui aussi dans le 3e. Le classement de l'ensemble se trouve dans les meilleurs lycées de Paris pour les maths.
Greg Mittelette
Avec un élève qui hésite à prendre maths expertes, je pars de ses copies de première et nous fixons un objectif chiffré. Les chapitres de terminale, nous les voyons ensuite avant la classe.
★★★★★ 5/5 sur 411 avis Superprof
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