Meilleur collège de Paris : ce que le brevet dit du niveau en maths
Au brevet 2025, les 32 collèges parisiens qui obtiennent la meilleure note moyenne aux épreuves écrites sont tous privés. Le premier collège public est Pierre-Alviset, un collège de secteur du 5e, 33e de Paris, juste devant celui d'Henri-IV. Ce classement dit d'où partent les élèves, beaucoup moins ce que le collège leur apporte, et rien du tout sur les maths : aucune note de maths du brevet n'est publiée collège par collège.
Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012
Le palmarès du brevet, lu correctement
Le ministère publie pour chaque collège la note moyenne de ses élèves aux épreuves écrites du brevet, toutes matières confondues. En 2025, 171 collèges parisiens en ont une. Leur moyenne s'établit à 13,9 sur 20 dans le privé et à 11,3 dans le public (moyennes simples des collèges, sans tenir compte de leur taille).
En haut du tableau, on trouve Saint-Louis-de-Gonzague (16,5), Stanislas (16,3), La Tour (16,2), Blomet (16,1), Bossuet-Notre-Dame (15,8), Sévigné (15,7), Sainte-Jeanne-Élisabeth et Saint-Ambroise (15,6), Pascal (15,5). Il faut descendre au 33e rang pour croiser un collège public.
Deux limites changent la lecture. La note est une moyenne de toutes les épreuves écrites, français et histoire-géographie compris : un collège peut être 5e de Paris et moyen en maths, personne ne peut le vérifier. Et les mentions très bien, qu'on cite souvent, comptent le contrôle continu ; Stanislas en a 90 % en 2025, Henri-IV 67 %. Ce chiffre repère les têtes de classe, pas le niveau en maths.
Pierre-Alviset devant Henri-IV
De 2022 à 2024, le collège Henri-IV est le premier collège public de Paris aux écrits du brevet. En 2025, il passe deuxième, derrière Pierre-Alviset, son voisin du 5e.
| Brevet | Henri-IV | Pierre-Alviset | ||
|---|---|---|---|---|
| Note aux écrits | Valeur ajoutée | Note aux écrits | Valeur ajoutée | |
| 2022 | 14,4 | −0,3 | 13,4 | +0,1 |
| 2023 | 15,1 | −0,6 | 14,8 | +0,5 |
| 2024 | 14,7 | −1,3 | 14,1 | −0,2 |
| 2025 | 14,3 | −0,9 | 14,4 | 0,0 |
L'écart de 2025 tient à un dixième de point, et je ne lui ferais pas dire grand-chose. La colonne de valeur ajoutée est plus parlante. Elle compare la note obtenue à celle qu'on attendait des élèves, compte tenu de leur profil. Henri-IV fait moins bien que prévu quatre années de suite ; Pierre-Alviset fait ce qu'on attend, parfois un peu mieux. Le collège Henri-IV, « environ 610 élèves », recrute sur une partie du 5e et revendique d'être « sans concession sur les exigences », avec des professeurs qui enseignent aussi au lycée. Les deux collèges recrutent des élèves de milieux très proches : indice de position sociale de 143,6 à Henri-IV et de 144,3 à Pierre-Alviset, contre 116,9 en moyenne dans les collèges publics de Paris. Pierre-Alviset, 510 élèves environ, n'affiche aucun club de maths ; il a un atelier informatique, dont des élèves ont été récompensés à la RoboCup Junior en 2021.
Pour une famille du 5e, la conclusion est pratique : le collège de secteur Pierre-Alviset obtient au brevet des résultats équivalents à ceux du collège Henri-IV, avec une valeur ajoutée plus favorable.
Les collèges qui font progresser
Si l'on classe par valeur ajoutée plutôt que par note, d'autres noms sortent. Dans le privé, le collège Pascal (16e) a la meilleure série des collèges étudiés : +1,5, +2,9, +2,3 puis +0,7 point de 2022 à 2025, avec un indice de position sociale plus bas que les autres grands privés (141,5, contre 157,9 à Stanislas). Ses élèves font du Kangourou, du latin obligatoire en 5e, Cambridge et l'IGCSE en 3e. Gerson, dans le même arrondissement, ajoute de la valeur chaque année (+0,6, +0,4, +0,5, +1,6) et présente sa troisième comme une préparation aux exigences du lycée.
Stanislas montre le cas inverse : premier ou deuxième de Paris chaque année, avec une valeur ajoutée proche de zéro (−0,1 en 2025). J'en déduis que le niveau tient d'abord au recrutement, et que le collège le maintient.
Dans le public, Charlemagne (4e) a l'indice social le plus bas des collèges suivis ici (131,1) et la seule progression nette : 26e collège public de Paris en 2022, 37e en 2023, 13e en 2024, 14e en 2025, avec une valeur ajoutée remontée à +0,1. Son pôle scientifique décrit des maths où la résolution de problèmes est « prépondérante », avec GeoGebra, Scratch, le tableur et les concours Castor et Algorea. À l'opposé, le collège Montaigne recule en 2025 : 12,2 aux écrits, 36e du public après avoir été 5e, valeur ajoutée de −1,5. Une seule année ne suffit pas à conclure ; la session 2026 dira si la baisse se confirme.
Les collèges à section internationale, enfin, ne sont pas en tête : en 2025, aucun ne dépasse le 11e rang du public, et Balzac est 46e avec 11,8. Ce que ces sections changent aux maths du lycée est traité dans l'article sur les sections internationales à Paris.
Être bon en maths dans un collège parisien
Les évaluations nationales de début de quatrième classent les élèves en six groupes de niveau en maths. En 2025, 31,4 % des élèves parisiens sont dans le groupe le plus fort, contre 15,8 % en France. À l'entrée en seconde générale, la proportion monte à 38,1 % à Paris, contre 21,5 % en France. Paris est la première académie aux deux évaluations.
Plus d'un élève parisien de seconde sur trois est donc, sur le papier, dans le groupe de tête en maths, et dans un lycée exigeant la part est sans doute plus haute encore. Un 16 de troisième qui distinguait un élève dans son collège peut, dans une seconde exigeante, ne plus le distinguer. Inversement, un 13 dans un collège favorisé ne dit pas grand-chose : le ministère a écrit en 2022 que dans ces collèges « la notation est parfois plus sévère ».
Ce qui prépare réellement aux maths d'un lycée parisien se voit dans ce que les lycées demandent pour la rentrée. Le livret d'été commun à Louis-le-Grand et Henri-IV, 74 exercices en huit parties, prévient que son niveau est « assez élevé par rapport au programme de troisième ». Un exemple : déterminer le nombre de chiffres de 416 × 525. On écrit 416 = 232, on regroupe 225 × 525 = 1025, il reste 27 × 1025 = 128 × 1025, soit 28 chiffres. Rien dans cet exercice ne dépasse le programme de troisième ; il demande de manier les puissances sans calculatrice et d'écrire chaque étape. C'est sur ce terrain qu'un élève de troisième gagne à travailler : les calculs littéraux, les puissances, développer et factoriser jusqu'à ce que ce soit rapide. Le reste du livret et le premier trimestre de seconde sont détaillés dans l'article sur la seconde dans un lycée parisien.
Les copies avant le nom du collège
Le nom du collège compte moins que deux choses que les parents ont sous les yeux : les copies de maths et la place de l'élève dans sa classe. Sur une copie, je regarde si les puissances et les fractions se calculent sans calculatrice et si chaque étape est écrite. Un élève de Charlemagne qui calcule vite et rédige proprement sera mieux armé pour la seconde qu'un élève d'un collège mieux classé qui s'appuie sur la calculatrice. J'accompagne les élèves parisiens dès la quatrième, sur les puissances, le calcul littéral et la rédaction des démonstrations de géométrie.
Pour la suite, le niveau des lycées est comparé dans le classement des lycées parisiens en maths, et l'écart entre Paris et le reste de la France dans l'article sur l'exigence en maths des lycées parisiens.
Greg Mittelette
Avec un collégien parisien, je commence par ses copies de maths de quatrième ou de troisième, pas par son bulletin. Je reprends ensuite le calcul et la rédaction au niveau que demandera sa seconde.
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