Meilleur lycée de Paris 5e et 6e en maths : ce qui sépare les voisins du Quartier latin
Les 5e et 6e arrondissements réunissent le premier lycée de France pour les mentions très bien, Louis-le-Grand, le troisième, Henri-IV, le sixième, Stanislas, et le neuvième, Sévigné. Les maths y suivent pourtant des chemins très différents d'une rue à l'autre : la part des terminales en spécialité maths va de 27 à 86 %, et Louis-le-Grand enseigne une partie des maths en chinois quand Henri-IV, son voisin, le fait en anglais. Et le plus gros ensemble de prépas scientifiques de Paris, Saint-Louis, n'a aucun lycéen.
Par Greg Mittelette, professeur de mathématiques depuis 2012
Au 44 boulevard Saint-Michel, le lycée Saint-Louis a ouvert 480 places en première année de MPSI, PCSI et MP2I sur Parcoursup en 2025, plus qu'aucun autre établissement parisien. Il n'a ni seconde, ni première, ni terminale. Une famille qui cherche « lycée Saint-Louis » pour une entrée en seconde se trompe d'adresse : on n'y accueille que des étudiants. Autour de lui, dans un rayon que l'on parcourt à pied, une douzaine de lycées font leurs maths avec cette voisine sous les yeux.
Le Quartier latin en chiffres, lycée par lycée
| Lycée | Arr. | Statut | Candidats 2025 | Mentions TB 2025 | Rang national TB | Tle en spécialité maths | Tle maths + physique-chimie |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Louis-le-Grand | 5e | public | 280 | 82 % | 1er | 86 % | 65 % |
| Henri-IV | 5e | public | 247 | 62 % | 3e | 72 % | 51 % |
| Stanislas | 6e | privé | 301 | 55 % | 6e | 80 % | 57 % |
| Sévigné | 5e | privé | 117 | 50 % | 9e | 75 % | 30 % |
| Notre-Dame de Sion | 6e | privé | 155 | 42 % | 21e | 55 % | 29 % |
| Lavoisier | 5e | public | 200 | 40 % | 25e | 62 % | 40 % |
| École alsacienne | 6e | privé | 187 | 39 % | 28e | 68 % | 32 % |
| Fénelon | 6e | public | 159 | 36 % | 38e | 58 % | 37 % |
| Louise-de-Marillac | 5e | privé | 104 | 30 % | 76e | 67 % | 44 % |
| Montaigne | 6e | public | 332 | 17 % | 380e | 58 % | 30 % |
| Sainte-Geneviève | 6e | privé | 118 | 12 % | 891e | 34 % | 18 % |
| Saint-Sulpice | 6e | privé | 184 | 6 % | 1 534e | 27 % | 10 % |
Mentions TB : bac général 2025, élèves ayant eu la mention très bien avec ou sans félicitations, rapportés aux candidats présents. Rang national : parmi les 1 764 lycées de France ayant au moins 80 candidats en voie générale. Spécialités : rentrée 2025 (Paris : 57 % des terminales en maths, 29 % en maths et physique-chimie). Sources : ministère de l'Éducation nationale, indicateurs de valeur ajoutée des lycées et effectifs de spécialités, data.education.gouv.fr ; calculs de l'auteur.
Deux colonnes ne racontent pas la même histoire. Sévigné a 50 % de mentions très bien, mais trois de ses terminales sur dix seulement font maths et physique-chimie ; Louise-de-Marillac, 30 % de très bien, en a 44 %. Notre-Dame de Sion, 21e de France, garde la spécialité maths pour 55 % de ses terminales, moins que Montaigne. Pour un élève qui veut une classe de terminale tournée vers les sciences, Louis-le-Grand et Stanislas sont à part : quatre élèves sur cinq au moins y gardent les maths.
Maths en chinois rue Saint-Jacques, en anglais à Henri-IV
À Louis-le-Grand, la section orientale chinoise comprend un cours de mathématiques en chinois, et la section européenne anglais enseigne en anglais les SVT. À Henri-IV, c'est la section européenne anglais qui porte les maths : une heure de mathématiques en anglais en plus.
Montaigne a des sections internationales britannique, polonaise et portugaise, mais leurs disciplines en langue étrangère sont l'histoire-géographie. Notre-Dame de Sion enseigne la physique-chimie en anglais dès la seconde, pas les maths.
Le travail demandé avant la rentrée
Une professeure de Louis-le-Grand et un professeur d'Henri-IV ont écrit ensemble un livret d'exercices pour l'été qui précède la seconde ; Montaigne reprend les mêmes premiers exercices dans son cahier de 2026. La page sur la seconde dans un lycée parisien le détaille. Henri-IV va plus loin et publie deux autres livrets pour les élèves de spécialité maths : 88 exercices pour l'entrée en première, 55 pour l'entrée en terminale, avec presque toutes les solutions. Le site de Louis-le-Grand ne publie pas de livret équivalent.
Fénelon, rue de l'Éperon, prévient ses futurs élèves de première spécialité, dans le cahier de juin 2026 : « Aucun rappel sur les techniques opératoires ou sur les nombres ne sera fait en classe de première. » Le même document ajoute que les sites d'entraînement ne préparent pas à la rédaction, qu'il dit « indispensable ».
Au-delà du programme : Sévigné, Montaigne, Louis-le-Grand
Trois lycées du quartier proposent des maths qui dépassent le programme, chacun à sa façon. Sévigné, rue Pierre-Nicole, a un module « Maths et Logique » de la sixième à la terminale ; en première et en terminale, on y traite la méthode de Cardan, la formule du crible, les nombres de Stirling ou les suites récurrentes linéaires d'ordre 2, une partie du programme de première année de prépa. Le lycée précise qu'il ne s'agit pas de soutien scolaire.
Montaigne, rue Auguste-Comte, a un atelier de maths d'une heure par semaine qui prépare aux Olympiades en première et au Concours général en terminale. En 2026, 65 élèves de seconde du lycée ont passé le Kangourou, le meilleur classé 78e sur 9 404. Louis-le-Grand, lui, publie son palmarès du Concours général 2025 en mathématiques : un 2e prix, un 3e prix, deux accessits et quatre mentions.
Devoirs surveillés et notes : ce que publient Stanislas et ce que disent les élèves de Lavoisier
Stanislas, rue Notre-Dame-des-Champs, chiffre la charge dans ses notices : « 2 à 4 heures de devoirs surveillés » par semaine en première et 3 à 4 heures en terminale, en plus des cours. Le lycée y présente maths expertes comme « indispensable » pour une prépa scientifique. Ni Louis-le-Grand ni Henri-IV ne publient de chiffre équivalent sur leur site ; la page sur les maths à Stanislas revient sur ces devoirs.
À Lavoisier, rue Henri-Barbusse, ce sont les élèves qui parlent des notes. Un avis publié sur L'Étudiant en 2017 jugeait qu'il était « difficile pour un élève "bon" de garder un très bon dossier pour le supérieur » ; un autre, en 2022, décrivait une classe partagée entre une tête très forte et un niveau général « autour de 14, 15 de moyenne ». Le lycée a pourtant eu 92 % de mentions au bac général 2025, troisième taux des lycées publics parisiens après Louis-le-Grand et Henri-IV. Ces avis ne portent pas sur les maths en particulier, mais ils invitent à lire un 14 au bulletin de Lavoisier avec ce contexte en tête.
Qui entre dans la prépa de son propre lycée
Saint-Louis, Louis-le-Grand, Stanislas, Henri-IV, Fénelon et Lavoisier ont ouvert ensemble 1 342 places de MPSI, PCSI et MP2I en 2025. Les chiffres de Parcoursup permettent de voir combien sont revenues aux élèves de terminale de la maison, et les écarts sont grands.
| Lycée | Places en MPSI, PCSI, MP2I (2025) | Admis venus du lycée |
|---|---|---|
| Saint-Louis | 480 | aucun (pas de lycée) |
| Louis-le-Grand | 288 | 19 % en MPSI, 27 % en PCSI, 11 % en MP2I |
| Stanislas | 238 | 17 % en MPSI, 30 % en PCSI |
| Henri-IV | 144 | 14 % en MPSI, 23 % en PCSI |
| Fénelon | 144 | 2 % en MPSI comme en PCSI |
| Lavoisier | 48 (PCSI) | 6 % |
Source : Parcoursup 2025, data.enseignementsup-recherche.gouv.fr (capacités et part des admis issus du même établissement) ; totaux calculés par l'auteur.
Environ un admis sur neuf, sur l'ensemble, sortait du lycée qui héberge la prépa. À Stanislas et à Louis-le-Grand, la part monte à un sur quatre ou cinq ; à Fénelon, elle est presque nulle. Pour un lycéen, ces chiffres disent deux choses. Une prépa dans les murs ne réserve rien. Et un élève de Fénelon ou de Montaigne entre en concurrence pour ces places avec les élèves des terminales les plus tournées vers les sciences de Paris, ceux de la colonne « maths et physique-chimie » du premier tableau. Le détail du face-à-face entre les deux grands publics est sur la page Henri-IV ou Louis-le-Grand.
Sainte-Geneviève, rue d'Assas, n'est pas Ginette
Une confusion revient chez les familles qui arrivent dans le quartier. Le lycée privé Sainte-Geneviève du 64 rue d'Assas, dans le 6e, n'a rien à voir avec « Ginette », la prépa Sainte-Geneviève de Versailles. Le premier est un lycée général et technologique : 12 % de mentions très bien en 2025, 34 % de terminales en spécialité maths. La seconde est une classe préparatoire des Yvelines, hors de Paris. Même prudence avec Saint-Louis, qui n'a pas de lycée, et avec Saint-Louis-de-Gonzague, dans le 16e, qui en a un.
Mon conseil à une famille du Quartier latin
Pour un élève qui veut faire des maths et de la physique avec presque toute sa promotion, Louis-le-Grand et Stanislas sont les deux lycées du quartier où c'est le cas ; le second y ajoute un volume de devoirs surveillés écrit noir sur blanc. Pour l'élève qui aime chercher plus que réussir ses contrôles, le module de Sévigné, qui va jusqu'à des notions de première année de prépa, est le choix que je regarde en premier. Pour celui qui veut des maths exigeantes dans une petite promotion qui fait mieux que l'attendu, Fénelon : valeur ajoutée des mentions positive chaque année de 2022 à 2025, et 96 % des élèves de seconde y passent le bac. Montaigne convient à l'élève qui ira chercher l'aide offerte, permanences et atelier compris.
J'accompagne les élèves parisiens de la seconde à la prépa. Avec chacun, je commence par lire ses copies, puis je prends les chapitres avant qu'ils soient traités en classe. Le classement des lycées de Paris en maths situe ces douze lycées dans l'ensemble de la ville, et la page voisine sur les lycées du 13e montre un arrondissement où les maths se jouent autrement.
Greg Mittelette
Un élève du Quartier latin m'écrit entre deux séances quand un exercice le bloque. Nous fixons ensemble, à partir de ses copies, la note de maths visée au prochain conseil de classe.
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